Biographie

GilbertGilbert Sinoué a suivi un drôle de parcours. Il est né en Égypte, en 1947 et baigne dans une atmosphère pluriculturelle: «Le Caire de ces années-là, était une sorte de Cordoue ou de Grenade, ou juifs, chrétiens, musulmans vivaient en une miraculeuse harmonie. » Après des études chez les jésuites, il vient à Paris pour suivre des études de guitare classique à l’École normale de musique. Il a alors dix-neuf ans. «En Egypte, je vivais sur un bateau, celui que mon père avait racheté au roi Farouk. Il l’avait transformé en navire de croisière pour les touristes. C’est là que j’ai vu chanter Jacques Brel et , curieusement, à ce moment précis,  j’ai eu la certitude qu’un jour j’écrirais.» Il compose, écrit des textes de chansons: «Une chanson c’est un sprint, à la différence d’un roman qui est un véritable marathon.» Une première chanson est choisie par Isabelle Aubret, d’autres ensuite par Claude François, Dalida, Jean Marais, Marie Laforêt, Jean-Claude Pascal… «Un jour, j’ai tout arrêté – l’approche de la quarantaine probablement – et j’ai écrit mon premier roman.» Après plusieurs refus, ce sont les Éditions Orban qui décident de le publier. Parallèlement, il imagine un feuilleton-fleuve (cent cinquante épisodes), Le destin du docteur Calvet, qui sera diffusé par  TF1. A partir de 1989, Gilbert Sinoué devient romancier à plein temps avec plusieurs gros succès comme Le livre de saphir ou L’enfant de Bruges, étudié dans certains Lycées. L’un de ses romans, Des jours et des nuits, a fait l’objet d’un téléfilm sur France 3, avec Claire Nebout et Stefan Freiss dans les rôles principaux.

Dans son bureau, tout rappelle ses intérêts.  Plusieurs beaux livres sur l’Égypte et un narguilé qu’il aime fumer de temps en temps. La photo du fameux bateau de son père, sur lequel il a passé la plus grande partie de son enfance, est posée contre la bibliothèque, à côté du fac-similé du contrat de Flaubert pour Madame Bovary: 800 francs d’à-valoir! Un portrait de Lawrence Durrell nous apprend que Le quatuor d’Alexandrie fut longtemps son livre de chevet, mais aussi le Désert des Tartares de Dino Buzzati. La guitare est rangée dans un coin, muette. Tout cela appartient au passé. L’ordinateur tient une place de choix. «Je débute souvent mes recherches sur Internet.» Il ne prend jamais de vacances entre deux livres. «D’abord parce que je vis de ma plume et qu’ensuite il faut que je combatte mon côté oriental. J’aurais une fâcheuse tendance à rêvasser, à me laisser porter par la vie.» Tout près de lui, il y a la Bible. Il lit régulièrement le Coran, et la Torah. Par passion, par curiosité. Pour tenter de trouver une réponse à l’éternelle question: que faisons-nous sur terre? L’a-t-il trouvée? Probablement pas, mais c’est cette réponse précisément qu’il recherche à travers tous ses livres.